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Affaire Morelle : une illustration parfaite de la Hollandie, entre passe-droits et déconnexion du pays réel

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Durée : 5min 7sec | Postée : Il y a 6 jours | Chaîne : Le journal par chapitre

Coïncidence ou pas, la libération inespérée des quatre journalistes français arrive, au moment même ou François Hollande, et surtout son nouveau super Premier ministre Manuel Valls, sont visés par un scandale qui n’a pas encore de nom. Une affaire qui a déjà fait une première victime en la personne du conseiller même du président, sa principale plume, un dénommé Aquilino Morelle qui a été contraint de démissionner.
Selon le site Mediapart, qui s'est spécialisé dans le flingage sur commande de certaines personnalités, l'intéressé serait au cœur d’un conflit d’intérêt, pour avoir notamment travaillé pour des laboratoires pharmaceutiques, alors qu’il était rattaché à l’Inspection générale des affaires sociales. L'ancien conseiller de François Hollande et du groupe de communication Euro RSCG, accessoirement  Young leader de la French American Foundation, s'en est défendu, arguant qu'il n'a cherché qu'à offrir ses services afin de faciliter le contact entre les bons interlocuteurs, au sein du comité économique des produits de santé. Que ces pratiques sont ainsi joliment enrobées. Cependant, selon le code pénal français, ces activités pourraient s’apparenter à une prise illégale d’intérêts.
François Hollande, qui n’est pas particulièrement connu pour son courage et sa franchise, était opportunément en déplacement lorsque le scandale a éclaté officiellement. Encore une coïncidence heureuse pour le président le plus impopulaire de la Ve République, qui continue de chuter dans les sondages, avec une cote de popularité à seulement 18%. Alors que dans le même temps, la côte de popularité de Manuel Valls atteindrait 58%, soit une différence de quarante points d’écart avec le président.
 
Il arrive parfois aux Français, en manque de points sur leur permis de conduire, de trichouiller avec un ami pour lui faire endosser ses propres fautes. Il en va de même pour M. Bricolage qui sait que sa légitimité à gouverner fond comme neige au soleil. C'est donc à Manuel Valls, le chargé des basses œuvres, que le dossier a été confié afin de dénouer l'affaire pour un gouvernement déjà arrivé en fin de course. Sa cote de popularité peut bien, en effet, encaisser une baisse de quelques points. Plus sérieusement, il convient de noter que cet état de fait risque surtout de ruiner le fonctionnement des institutions. La cinquième République était faite pour un président fort et un gouvernement qui suit. Si le gouvernement se renforce contre le président, l’instabilité pourrait redevenir, une réalité politique française.
 
Si le premier tour de la présidentielle de 2012 avait lieu aujourd'hui, le score de François Hollande serait de seulement 19%. Fait inédit, ce sondage laisse présager que le président sortant n'atteindrait même pas le second tour. Encore un point commun que M. Bricolage partage avec Lionel Jospin qui avait comme personnel, le même Aquilino Morelle. Dans tous les cas de figures, François Hollande serait platement battu contre n'importe quel candidat au second tour.
Des résultats désastreux pour le président de la république, à peine deux ans après son élection. Et dire qu'il en reste encore trois ! Et pour être remplacé par qui ? Car cette affaire n'est pas seulement symptomatique du trafic d'influence qui existe dans l'exercice d’un pouvoir sans morale. Elle est aussi caractéristique de l'hypocrisie mensongère d'une certaine classe politique, tout partis confondus.
De tout bords, c'est à qui vilipendera le plus, celui qui sera tombé sur commande, tout en dissimulant ses propres petites affaires, en croisant les doigts pour ne pas être le prochain. Car tous ces messieurs-dames sont en cheville et sont tenus, d'une manière ou d'une autre, avec de petits arrangements que l'on ressort au gré des "affaires". La chute de l'un d'entre eux, sert parfois certains intérêts politiques, mais permet surtout de maintenir l'illusion d'une justice.
 
La République française semble avoir remplacé la devise de "Liberté-Egalité-Fraternité" par le "deux poids-deux mesures" selon que vous servirez un camp ou un autre. Nul n'a cherché à demander des comptes à droite par exemple à l'ex-ministre de la santé, Roselyne Bachelot, pharmacienne de formation et ancienne visiteuse médicale, en relation donc avec les groupes pharmaceutiques. Qui se souvient encore de la campagne massive de vaccination contre la grippe après la psychose organisée autour des exceptionnels cas de grippe porcine-aviaire ? Rappelez vous l'achat massif, par le gouvernement français, de doses périmées d'un vaccin inutile. Personne n'a cherché à savoir non plus, où sont passés les centaines de millions d'euros dépensés en pure perte durant la crise financière.
 
Alors laissons le mot de la fin à Aquilino Morelle lui-même, qui lors d'une tribune dans un quotidien français, avait écrit en 2010, je cite : "La question de la compatibilité entre l’argent et la gauche renvoie ici à celle de la distance. En l’occurrence, la distance qu’il faut savoir mettre, lorsqu’on est un responsable politique de gauche, entre soi et l’argent (...) Cela veut dire que dans la relation, inévitable, que nous entretenons tous avec l’argent, il faut savoir conserver une distance, la distance qui permet de rester libre. Libre de ses appréciations, de ses choix, de ses décisions." Fin de citation.
On en pleurerait tellement c'est beau ! Seulement entre les chaussures de Morelle, les montres de Dray, les costards de Julliard et le compte en Suisse de Cahuzac, ce gouvernement, comme les précédents, incarne au final le même système hypocrite et corrompu qui gangrène la société française. Et pendant ce temps là, la France continue sa dérive et tout le monde s'en fout ! 


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