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Allemagne, la grande coalition née après la victoire d'Angela Merkel survivra-t-elle à l'immigration ?

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Durée : 4min 2sec | Postée : Il y a 5 jours | Chaîne : Le journal de VDLRUssie par chapitre
 
Après avoir remporté sans surprise et sans difficulté, les élections fédérales en septembre dernier, Angela Merkel a dû résoudre un nouveau problème : la formation d’une majorité au Parlement. Compte tenu des résultats catastrophiques du parti libéral, la CDU et la CSU se devaient de trouver un nouvel allié. Et c’est donc sur le parti socialiste, le SPD, que leur choix s’est porté. Il aura fallu deux mois et de nombreux meetings pour que le « contrat de coalition » soit approuvé par les adhérents du SPD, à 75%. L’enjeu était de taille puisque le refus des militants aurait entraîné de nouvelles élections. Chacun a pu imposer à l’autre une réforme lui tenant à cœur : la CSU, parti principalement présent en Bavière, a réussi à faire passer son projet de péage. La CDU a empêché une hausse des impôts, et le SPD a obtenu la mise en place d’un salaire minimum à huit euros cinquante, bruts de l’heure, l’assouplissement de la retraite à 67 ans, ainsi que l’engagement de pourparlers autour de la double nationalité.
Cependant, après deux semaines d’existence, le bloc de la grande coalition semble déjà se fissurer. Dernier exemple en date, la nouvelle campagne du CSU contre l’immigration de pauvreté. Cette campagne débute dans un contexte de crainte d’une nouvelle vague migratoire consécutive à l’ouverture totale au 1er janvier, du marché du travail aux Bulgares et aux Roms. 180 000 migrants sont, en effet, susceptibles de débarquer en Allemagne, suite à cette libéralisation de l’immigration, montrant ainsi que l’espace Schengen n’est pas uniquement un avantage pour tous les Européens.
En effet, depuis 2004, l’élargissement de l’Union Européenne à l’Ouest, a entraîné un flux de migrants en provenance d’Europe centrale. Ces migrants ont permis à l’Allemagne de pratiquer un dumping social, la rendant plus compétitive que les autres pays d’Europe occidentale, et lui permettant de brider le pouvoir d’achat des Allemands. Face à cela, la CSU a décidé de centrer sa campagne autour d’un axe simple : « Wer betrügt, der fliegt ». Autrement dit « Qui triche, dégage ». Ce durcissement de la politique migratoire du CSU, s’explique en partie par l’approche de deux échéances politiques : les élections communales en mars, et les élections européennes en mai.

Dès son annonce, cette campagne a déclenché toute une série de condamnations et de critiques virulentes à l’égard de la CSU et du chef du parti, Horst Seehofer, y compris au sein de la grande coalition. « Bourrage de crâne xénophobe » pour les socialistes, « populisme » pour les chrétiens-démocrates. Et preuve que les Verts allemands, valent bien les Violets français, la chef du groupe parlementaire des Grünen, Katrin Göring-Eckart, a déclaré que je cite « La plupart des Bulgares et des Roumains, qui habitent déjà et travaillent en Allemagne, renforcent notre système social et notre économie ». fin de citation. La sortie du nucléaire ayant était décidé par la chancelière durant son précédent mandat, et la critique du gouvernement russe ayant été reprise par le président fédéral, Joachim Gauck, les Verts allemands se retrouvent privés de leurs thèmes de prédilection et sont, comme en France, réduis à défendre l’immigration et la légalisation des drogues. A cela s’ajoute un scandale concernant la promotion de la pédophilie dans les années 80, période où Daniel Cohn-Bendit était cadre de ce parti. Ce scandale a considérablement discrédité le parti sur la scène politique allemande.
Malgré le déchaînement de la caste médiatico-politique, les dirigeants de la CSU ont réaffirmé leur volonté de lutter, de manière plus directe contre les arnaqueurs et les profiteurs du système social allemand, surtout lorsqu’ils viennent de loin pour bénéficier d’aides sociales.
Cette position idéologiquement, opposée à celle des membres du SPD, risque d’affaiblir la force de la coalition et de paralyser le pouvoir exécutif allemand. Rappelons qu’en 1966, la formation de la première grande coalition avait entraîné, indirectement, la formation du groupuscule d’extrême gauche « Rote Armee Fraktion » à l’origine d’une série de meurtres et d’attentats. Peu importe la victoire politique d’Angela Merkel en septembre, son troisième mandat risque d’être un grand écart entre conservateurs et socialistes, parallèlement à la montée de l’euroscepticisme.



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