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L'Islande ne veut plus intégrer l'Union européenne en ruine

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Durée : 3min 27sec | Postée : Il y a 4 jours | Chaîne : Le journal de VDLRUssie par chapitre


Le ministre des Affaires étrangères islandais, Gunnar Bragi Sveinsson, a annoncé jeudi avoir suspendu, pour toute la durée de la législature, les négociations d'adhésion à l'Union européenne. Il faut rappeler que ses négociations étaient déjà suspendues depuis janvier. En effet, afin de mieux préparer les élections législatives d’avril, le gouvernement de coalition social-démocrate et écologiste, avait demandé à Bruxelles une suspension du processus d’adhésion. De ce fait les négociations n’ont pour l’instant atteint que le 11ème des 30 points de discussion. C’est alors que se produit un évènement auquel Bruxelles et le gouvernement islandais ne s’attendaient pas : en avril c’est une coalition de centre droit eurosceptique qui remporte les élections. 5 mois plus tard, c’est cette coalition qui vient de dissoudre le comité de négociation avec l’UE.
La principale raison invoquée par le précédent gouvernement pour l’adhésion à l’UE était, selon l’ancienne première ministre, Jóhanna Sigurðardóttir, la volonté, je cite de "ne plus jamais se retrouver seule face à une crise". En effet, en 2009 l’Islande subissait de plein fouet les conséquences de la crise des subprimes. Depuis, elle a su sortir de cette crise d’une manière très originale et complètement légitime. Souvenez-vous, en 2009, après la nationalisation des trois principales banques islandaises, qui étaient alors au bord de la faillite, l’Islande se retrouve très endettée. Les créanciers, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, réclament le remboursement de 3,9 milliards d’euros. Le peuple est alors interrogé, par référendum, sur la question du remboursement, et la réponse est non. Les Islandais refusent de payer la dette, due à des banques dont la négligence des risques a causé la perte. Le refus de la population entraine un mouvement de grogne populaire, qui provoque la chute du gouvernement de l’époque et la venue au pouvoir de la coalition écolo-socialiste. C’est grâce à cette attitude souveraine que l’Islande a pu redresser son économie et affiche aujourd’hui un taux de chômage à 4,4% et un pouvoir d’achat frisant le niveau d’avant la crise. Dans ces conditions, pourquoi adhérer à une union tentaculaire et en pleine implosion ? La majorité des Islandais l’a bien compris, car 60% d’entre eux sont dorénavant contre, une adhésion à l’Union européenne.

La protection de l’environnement est un autre frein aux négociations entre l’UE et l’Islande, principalement en ce qui concerne la pêche. L’économie islandaise repose à 90% sur l’exploitation des ressources halieutiques de l’océan atlantique. Du fait de l’augmentation du nombre de poissons, l’Islande a revu à la hausse ses quotas de pêche. Cette augmentation a été mal perçue par Bruxelles. L’entrée de l’Islande dans l’UE pourrait donc être inaugurée par des sanctions, une perspective peu réjouissante pour Reykjavik. Pourtant, en matière d’écologie, l’Islande n’a de leçons à recevoir de personne, puisque l’énergie du pays est fournie à 70% par des sources d’énergie renouvelables, principalement la géothermie.
Malgré les tensions liées à la pêche, l’union ne désespère pas de voir l’île revenir sur sa décision. En effet, l’arrêt du processus d’adhésion révèlerait au grand jour que l’UE a énormément perdue en attractivité et en compétitivité. Et c’est exactement, ce que les technocrates de Bruxelles veulent à tout prix éviter.
A l’heure de la mondialisation effrénée et dévoreuse, c’est un pays, grand comme un centième des Etats-Unis, et peuplé de 320 000 habitants, un millième de la population chinoise, qui tient tête au monde des finances et affirme sa souveraineté nationale. Alors à n’en pas douter, l’Islande est un grand pays !
 
 

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