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L'attaque de Nairobi : ce que les médias occidentaux n'ont pas voulu ou su vous dire

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Durée : 5min 2sec | Postée : Il y a 1 semaine | Chaîne : Le journal de VDLRUssie par chapitre

 
L’attentat qui a ensanglanté Nairobi, et fait plus d’une centaine de morts selon les autorités kenyanes, n’est que le dernier d’une longue série. Spectaculaire par la durée et le procédé employé, ciblant principalement les non-musulmans, il est pourtant bien moins dramatique que celui perpétré en 1998, contre l’ambassade américaine qui causa la mort de 220 personnes et en blessa 5500 autres. La particularité qui voudrait aussi que le centre commercial visé appartienne à des israéliens n’explique pas tout, non plus. En novembre 2002, un attentat à la voiture piégée avait déjà visé un hôtel israélien dont la clientèle était exclusivement israélienne. 20 minutes plus tôt, un missile sol-air avait été tiré sur un vol commercial israélien sans atteindre son but. Mais les motifs de ces attaques tendaient plus à sanctionner l’attitude de la direction et des touristes vis-à-vis du personnel autochtone, que de faire part de réelles raisons politiques. Même si les réseaux jihadistes en sont, jusqu’à preuve du contraire, les responsables, les dessous de cette dernière attaque ne relèvent pas seulement du fondamentalisme musulman ou d’un antisémitisme. La situation est plus complexe que ne laisse paraitre les médias dont les journalistes ont déjà du mal à situer le pays sur un planisphère.
 
Ancienne colonie anglaise, le Kenya est un pays resté très majoritairement chrétien. Depuis 2011, l’armée kenyane mène la guerre en Somalie, pays musulman, afin de protéger officiellement la partie nord de son territoire de la contagion terroriste. Un pays déchiré par la guerre qui, depuis le renversement en 1991 du général Barré et les diverses interventions humanitaro-militaires, tant occidentales qu’africaines, a laissé prospérer une situation des plus chaotique, favorisant le piratage et le terrorisme dans cette région de l’Afrique. Or en 2010, un rapport de l’ONU faisait apparaitre l’implication directe de Nairobi dans l’organisation et la formation des rebelles islamistes qui luttaient contre le gouvernement fédéral de transition somalien. Ce document dénonce aussi la corruption d’un certains nombre de fonctionnaires kenyans et européens, dans la fraude de visas. Alors, de là à penser que le Kenya finançait et organisait le terrorisme qu’il combat aujourd’hui, la question peut être posée. Une fois de plus tout n’est pas simplement blanc ou noir dans cette affaire.
 
Un autre paramètre de raisonnement souvent occulté, est l’évacuation du pétrole du Sud-Soudan. Une région devenue autonome sous le patronage américain. Le transfert d’hydrocarbures doit se faire grâce à un pipe-line qui aboutira dans la région du nord Kenya, la transformant ainsi en un terminal pétrolier essentiel, pour les puissances asiatiques. Ces dernières rêvent d’une nouvelle « route de la soie » indépendante de la puissance atlantiste. Derrière la lutte contre le terrorisme en Somalie, se dissimule une fois de plus la volonté de sécuriser une zone hautement stratégique, pour la transformer en un quasi-protectorat kenyan. La région dénommée Jubland est aussi pourvue d’importantes réserves de pétrole off-shore. De quoi exciter bien des convoitises et être la source de tensions importantes entre plusieurs groupes d’intérêts. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont vu d’un mauvais œil l’élection du nouveau président kenyan Uhuru Kenyatta, inculpé de crimes contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale, et qui se méfiant de la nouvelle politique de colonisation des pays occidentaux, se rapproche de la Russie et de la Chine.
 
Jusqu’ici le Kenya avait les faveurs des occidentaux pour des raisons stratégiques et économiques évidentes. Dans la guerre contre le terrorisme, le pays est un allié majeur sur le continent africain et l’armée britannique y possède toujours des camps d’entrainements. Côté économique le Kenya est le septième plus gros bénéficiaire de l’aide financière américaine et de nombreuses sociétés occidentales y ont investi. Il représente indéniablement,  un marché d’avenir avec une augmentation importante de sa population, de sa classe moyenne et de ses infrastructures. Acteur régional majeur, il pourrait devenir l’un des pays les plus en pointe de l’Afrique.
 
Tout le monde connait aujourd’hui le rôle trouble joué par le Qatar ou l’Arabie Saoudite, dans le financement de groupes terroristes chargés des basses besognes, comme par exemple les miliciens d’Al-Shebbab en Somalie ou Al-Nosra en Syrie, mais aussi les nombreux attentats sous faux-drapeaux, télécommandés depuis les capitales occidentales ou du Moyen-Orient. La Syrie en est la démonstration quotidienne. Cependant, le traitement de l’information a interpelé plus d’un observateur à ce sujet. L’attaque d’un centre commercial israélien dans un pays africain, justifiant l’intervention supposée de forces spéciales israéliennes et américaines, pourrait servir de nouveau prétexte pour renforcer une présence militaire internationale à dominante occidentale. Alors que les images de l’attaque tournaient en boucle sur les grands médias français, aucune information n’a filtré sur le triple attentat, commis pourtant le même jour par des fondamentalistes musulmans en Irak et qui a fait 65 morts. Pas plus d’information non plus, sur celui commis au Pakistan contre une église et qui a couté la vie à plus de 80 personnes. Il est vrai que dans le premier cas, les martyrs étaient chiites et dans le second cas, ils étaient chrétiens. Il faut bien le constater, certaines victimes semblent n’avoir de l’importance, qu’en fonction des intérêts stratégiques du moment.


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