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Le Président Poutine en ligne directe avec la Russie : une 12e édition, toujours sans langue de bois

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Durée : 7min 38sec | Postée : Il y a 6 jours | Chaîne : Le journal par chapitre
 
La situation en Ukraine, le rattachement de la Crimée, les sanctions occidentales, les relations avec l'Europe et les Etats-Unis, tels sont les sujets évoqués jeudi par le président russe, Vladimir Poutine, lors de sa 12e séance annuelle de questions-réponses.
En près de quatre heures, le chef de l'Etat russe a répondu à 81 questions, dont 35 ont porté sur la crise politique en Ukraine et l'entrée de la Crimée dans la Fédération de Russie. Un exercice de style auquel se soumet Vladimir Poutine depuis 2001, qu’il soit président ou Premier ministre, hors période électorale.
 
Cette année, les habitants de la péninsule récemment rattachée à la Russie ont participé pour la première fois à l'émission. Parmi ceux qui ont posé des questions au chef de l'Etat russe figurait également l'ex-agent des services secrets américains, Edward Snowden, qui a demandé à Vladimir Poutine si la Russie pratiquait une surveillance électronique totale.
 
Evoquant les origines de la crise ukrainienne, Vladimir Poutine a rappelé que le président Viktor Ianoukovitch avait accepté de tenir des élections législatives anticipées et de rétablir la constitution de 2004 qui accordait des pouvoirs supplémentaires au premier ministre au détriment de ceux du président. Comme l’a affirmé le président russe, je cite : « Il a accepté d'organiser une présidentielle anticipée en décembre prochain. Si on lui avait demandé, il aurait, à mon avis, accepté au bout du compte de tenir ce scrutin dans un délai d'un ou d'un mois et demi. Mais dès qu'il a rappelé la police de la capitale, un coup d'Etat a été perpétré »,fin de citation. Il a également rappelé que Viktor Ianoukovitch « avait signé l'accord du 21 février avec l'opposition, en présence des chefs de diplomatie allemande, française et polonaise » et qu'il « considérait que cet accord serait respecté ». Cet aspect de la crise ukrainienne, sciemment passée sous silence par les médias occidentaux, en dit long sur la valeur de la parole donnée ou des accords signés par les chancelleries européennes. Force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup d’honneur dans la caste des Fabius et Cie.
 
Selon M. Poutine, la volonté de brouiller la Russie et l'Ukraine s'observe depuis longtemps dans la politique internationale. Comme il l’a indiqué, je cite : « Telle est la politique contemporaine de division, de séparation, d'affaiblissement de l'une et de l'autre composante de ce même et seul peuple. Cette politique se poursuit toujours ». fin de citation.
Evoquant la situation prévalant dans l'Est de l'Ukraine, le chef du Kremlin a qualifié de « criminelle » la décision des nouvelles autorités de Kiev d'utiliser des chars et des avions pour réprimer les protestations populaires. Il a estimé, je cite qu’« Au lieu de prendre conscience du fait que quelque chose n'allait pas bien en Ukraine et d'engager un dialogue, ils sont allés jusqu'à envoyer des chars et des avions contre la population civile. Il s'agit d'un nouveau crime très grave des dirigeants actuels de Kiev ». fin de citation.
Répondant aux pays occidentaux qui reprochent à Moscou d'avoir envoyé des troupes dans l'Est de l'Ukraine, le président russe a déclaré: « C'est du n'importe quoi. Il n'y pas d'unités russes dans l'est de l'Ukraine. Il n'y a pas de services spéciaux, ni d'instructeurs. Ce sont uniquement les citoyens locaux ». Fin de citation. On ne peut d’ailleurs pas en dire autant des pays occidentaux, puisque l’on sait désormais que la CIA y est présente, que des mercenaires des agences de sécurité privées américaines sont sur place et que certains activistes de Maïdan ont été formés par les services spéciaux polonais.
 
De nombreuses questions posées au chef de l'Etat russe ont porté sur la Crimée. Tout en reconnaissant que des militaires russes avaient épaulé les forces d'autodéfense de la péninsule, lors de la préparation du referendum, Vladimir Poutine a souligné que « la Russie avait réuni des conditions pour le libre choix des personnes vivant en Crimée ».« Quant à la décision de se rattacher, les gens l'ont prise eux-mêmes »,
Il a dans le même temps indiqué que la Russie n'avait jamais envisagé d'annexer la Crimée. Mais il a ajouté, je cite : « Cependant, nous avons toujours espéré voir les ressortissants russes et les Ukrainiens russophones vivre dans des conditions confortables, sans être discriminés ».
Le chef du Kremlin a également fait savoir que la Russie s'apprêtait à adopter un décret sur la réhabilitation des Tatars de Crimée, des Arméniens, des Allemands, des Grecs et d'autres peuples victimes des répressions staliniennes, en indiquant, je cite : « Nous devons tout faire pour que l'adhésion à la Fédération de Russie soit associée avec le rétablissement des droits et des intérêts légitimes des Tatars de Crimée »
 
Les autorités russes envisagent en outre de stimuler l'industrie et l'agriculture en Crimée, ainsi que de moderniser les infrastructures balnéaires de la péninsule. Car comme l’a affirmé le président russe « Force est de constater qu'en 2013, la production agricole en Crimée a chuté de 60% par rapport à 1990 »
Les infrastructures balnéaires criméennes connaîtront un développement intense elles aussi. Comme l’a constaté Vladimir Poutine  « La base matérielle et technique des centres de vacances, des sanatoriums et des stations balnéaires, s'est considérablement dégradée (…) Vu les normes sanitaires et épidémiologiques russes, certains de ces établissements ne peuvent pas être utilisés pour héberger les gens ». C’est donc un immense chantier de modernisation de toutes les infrastructures de Crimée qui devra être lancé ces prochaines années.
 
D’autres questions ont porté plus largement sur l’international et la place de la Russie dans le concert des nations. La force armée n'étant pas un facteur déterminant en géopolitique, la Russie choisit la voie du renforcement du droit international. C’est ce qu’a déclaré Vladimir Poutine. Evoquant les relations entre Moscou et les capitales européennes, le président a fait remarquer que « la Russie ne cherchait pas à compromettre ses relations avec l'Europe ». Il a dans le même temps espéré que les partenaires européens de la Russie « ne le voulaient pas non plus ». L’attitude de matamore d’un Fabius, chef de la diplomatie française, ne doit cependant pas être de nature à rassurer la diplomatie russe…
Interrogé sur l'élargissement de l'Otan, Vladimir Poutine a fait remarquer que cette tendance ne faisait pas peur à Moscou, je cite « Nous n'avons pas peur. Mais nous devons nous baser sur les réalités et évaluer sobrement la situation ».
 
Il a dans le même temps mis en garde les Etats-Unis contre le déploiement de leur système de défense antimissile en Europe, en déclarant, je cite : « Si l'on déploie ces éléments en Europe, nous serons bien obligés d'y répondre, et nous l'avons indiqué à plusieurs reprises. C'est un re-déclenchement de la course aux armements. A quoi bon ? Il vaut mieux aborder ce problème autrement, et s'il y a des menaces balistiques, résoudre ces questions en commun » fin de citation.
Il a également souligné que la Russie n'avait pas l'intention de créer une alliance militaire et politique avec la Chine, en déclarant, je cite « Nous n'envisageons pas de créer une alliance militaire et politique [avec la Chine]. A mon avis, la conception du monde divisé en blocs est dépassée ». Il a néanmoins précisé que « les relations russo-chinoises resteraient un facteur décisif de la politique mondiale et influeraient sur l'architecture moderne des relations internationales ».
 
Plusieurs problématiques internes à la Russie ont été également abordées, lors de cette séance annuelle de questions-réponse avec la population. L’une d’entre-elles a obligé le président russe à parler un peu de lui, pourtant peu coutumier du fait, notamment lorsqu’il a présenté sa façon de prendre les décisions. L'essentiel, selon lui, est de prêter l'oreille aux différents avis formulés par ses collègues. « Je prête toujours une oreille attentive aux opinions de mes collègues (…). Même si je ne suis pas d'accord avec eux, je leur donne néanmoins la possibilité de s'exprimer ». Il a également précisé 
« Avant de prendre une décision, je reviens encore une fois sur le problème examiné en citant nécessairement un avis qui diffère de l'opinion exprimée par la majorité ».
Il estime que cette technique de prise de décisions convient le plus, à un responsable d'Etat. C’est même la traduction politique de notre devise à ProRussia.tv, « la vérité n’est jamais toute entière du même côté ».



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