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Les vœux de M. Bricolage : un rendez-vous avec la grande déprime

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Durée : 5min 24sec | Postée : Il y a 5 jours | Chaîne : Le journal de VDLRUssie par chapitre

Pour la seconde fois de son mandat, le président François Hollande s’est prêté à la traditionnelle séance des vœux de fin d’année. Une formalité pour la plupart des chefs d’Etat, une épreuve supplémentaire pour ce président, élu par défaut, devenu impopulaire, et qui prend ses vœux pour la réalité. Un exercice qu’il ne semble d’ailleurs pas plus maîtriser que le reste. Son discours visiblement enregistré à l’avance, n’a été qu’un rabâchage du précédent. Toujours les mêmes louables intentions et les mêmes promesses générales, qui n’avaient à l’époque convaincu personne : celles d'un monde imaginaire où chacun verrait la vie en rose et où tout irait mieux en 2014. Après un an de gesticulations et d’incompétences gouvernementales, on notera surtout dans son intervention, le déficit d’enthousiasme et de chaleur humaine. Mais c’est toujours la même utilisation de la première personne du singulier. Ce « Je » que le candidat Hollande utilisait déjà  avec enthousiasme quand il se projetait président, mais qui l’isole chaque jour un peu plus du peuple français lorsqu’il l’emploie pour faire croire qu’il maîtrise encore quelque chose. Triste bilan pour celui qui rêvait d’être aimé et qui, loin d’incarner le souhait d’une majorité, rassemble moins d’un Français sur cinq. Sans doute étaient-ils encore moins nombreux devant leurs écrans à recevoir les vœux présidentiels d’un homme devenu le symbole même de l’échec français ou plus précisément, celui de la classe politique française dans son ensemble.
 
L'année 2013 aura été catastrophique : malgré les promesses, le chômage comme les impôts, continuent d’augmenter, la croissance est en berne, le moral des Français est à zéro. Plutôt que d’affronter en priorité la crise économique, dont il niait l’ampleur, M. Bricolage a préféré s’occuper des sujets sociétaux qui n’ont fait que diviser et affaiblir le pays comme le mariage entre invertis, l’immigration ou la justice. Ce grand spécialiste des diversions politiques, a ainsi réussi, avec la complicité de certains syndicats, à faire passer la loi dite de « flexi-sécurité de l’emploi » visant à s’aligner sur un modèle euro-libéral. Car ces vœux français sont en réalité des vœux à la Grecque, ou plus précisément les injonctions de la Commission européenne, visant à simplifier le système fiscal, à abaisser le coût du travail, à réformer les retraites dès cette année, à réduire le déficit à 3,6% du PIB en 2014, à ouvrir les professions «fermées» comme les médecins, notaires, taxis, et ainsi de suite. Un vaste programme que la Commission européenne a fixé en réalité depuis juin 2013 à la France, pour que cette dernière parvienne à tenir son objectif de réduction du déficit et qu’elle retrouve les chemins de la compétitivité. On connait la réussite d’un tel plan en Grèce, en Espagne ou en Italie. Mais Bruxelles veut que la France tape plus fort et plus vite. D’où l’annonce du recours aux décrets et ordonnances sur instruction présidentielle pour passer outre les « lenteurs nationales ». Et même si quelques voix se sont élevées dans l’opposition, il y a fort à parier que cette méthode de gouvernance anti-démocratique, permettra à nombre d’élus de se laver les mains et de ne pas avoir à assumer la politique d’un gouvernement, remis au pas cadencé, par Bruxelles.
 
Autre mesure phare annoncée, le « pacte de responsabilité » offert aux entreprises. Encore une directive européenne, déguisée sous une apparente fausse-bonne idée. Ce pack « tout-en-un » ne permettra tout au plus que de créer de nouvelles aides, accordées en priorité pour des travailleurs pauvres, à faible salaire, et non pas la création d’emplois stables, correctement payés, dans le cadre d’une reprise générale. A contrario il faudrait plutôt s’attendre à une éventuelle baisse des salaires, malgré la faible augmentation du SMIC, comme le préconisaient certains experts de la banque Goldman Sachs qui « conseillaient » à la France de diminuer les salaires de 30%. Décision qui bien sûr ne faisait pas l’unanimité, tant la mise en place d’une telle mesure dans le pays reviendrait à renforcer, l’immense mouvement de contestation qui n’en est encore qu’à ses débuts.
 
Les promesses de la présidentielle et les bonnes résolutions d’un Etat impartial, ont été également bien vite oubliées. Le décalage entre les propos et la pratique du pouvoir a été particulièrement visible. M. Bricolage a placé ses camarades de promotion, à tous les étages. Ce que les Français retiendront, c’est que les régimes spéciaux ou les indemnités des élus ne sont pas touchés. Le non cumul des mandats s'applique toujours au cas par cas, pas pour ceux qui le valent bien mais pour ceux qui le veulent bien. Nuance ! Sans parler du millefeuille administratif, mais aussi de l’abandon de la journée de carence des fonctionnaires que l'on embauche à tour de bras, rémunérés par les impôts des contribuables.
 
Deux ans de mandat avant de commencer à bouger, tout en tentant de faire croire que des économies sont à l’étude, et pendant ce temps là, les français trinquent et pas avec du champagne. Ils ressentent bien, que malgré les déclarations de leurs « irresponsables » politiques, ce sera encore pire en 2014. Contrairement à ce que prétend M. Bricolage, personne n’a demandé un quelconque effort aux Français, ils se sont vu imposés des mesures d’austérité qui n’en portent pas encore le nom. Le seul cadeau de l’équipe de M. Bricolage aux Français sera une ceinture. Mais pas du même modèle que celle de ces caciques qui serre leurs ventres rebondis sans trop faire de mal. C’est un modèle spécial, Européen, qu’ils pourront resserrer cran après cran, jusqu’à l’année prochaine, s’ils ne se sont pas pendus avec d’ici là. A moins que le vœu de millions de français pour cette nouvelle année ne se réalise, celui d’un retour à l’envoyeur après le grand nettoyage de printemps.


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