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Syrie : le succès de la diplomatie russe met fin à 30 ans d'hégémonie, du complexe militaro industriel américain.

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Durée : 6min 14sec | Postée : Il y a 4 jours | Chaîne : Le journal de VDLRUssie par chapitre

 
Toutes les chancelleries et tous les médias s’accordent à dire, que cette semaine fut celle de la diplomatie, et plus précisément de la diplomatie russe. La semaine dernière, alors que le G20 se terminait sur des bruits de bottes américaines et de babouches françaises, la question n’était plus de savoir si une agression militaire allait être commise contre le peuple syrien et son représentant légal, Bachar el-Assad, mais quand. La situation était si tendue, que les propos humoristiques prêtés par Andy Borowitz à Obama sur Poutine dans le New Yorker, n’ont étonné personne et ont été pris au pied de la lettre, même si, reconnaissons-le, les plus perspicaces de nos auditeurs ont dévoilés la ruse dès le lundi midi. La guerre était là, avec ou sans l’aval de l’ONU.
Et puis Vladimir Poutine a fait publier une lettre ouverte aux Américains, dans le New York Times, à la date anniversaire du 11 septembre. C’est un monument de diplomatie que vous pouvez d’ailleurs retrouver sur notre site, traduit en français grâce au site Benoit&Moi.
 
Rappelant la raison d’être de l’ONU, la situation réelle en Syrie, Vladimir Poutine a surtout mis le peuple américain devant ses responsabilités et les conséquences des options politico-militaires prises par ses dirigeants. Je cite : « Il est alarmant de constater que l'intervention militaire dans les conflits internes dans les pays étrangers est devenue monnaie courante aux États-Unis. Est-ce dans l'intérêt à long terme de l'Amérique? J'en doute. Des millions de personnes dans le monde voient de plus en plus l'Amérique non pas comme un modèle de démocratie, mais comme s'appuyant uniquement sur la force brute, bricolant des coalitions réunies sous le slogan «vous êtes avec nous ou contre nous ». Fin de citation.
 
Il rappelle également que, je cite « la force s'est révélée inefficace et inutile. L'Afghanistan est sous le choc, et personne ne peut dire ce qui se passera après que les forces internationales se seront retirées. La Libye est divisée en tribus et en clans. En Irak, la guerre civile se poursuit, avec des dizaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, beaucoup de gens établissent une analogie entre l'Irak et la Syrie, et se demandent pourquoi leur gouvernement veut répéter les erreurs récentes. 
Peu importe comment les frappes cibleront, ou les armes sophistiquées employées, les victimes civiles sont inévitables, y compris les personnes âgées et les enfants, que les frappes sont censées protéger. 
Le monde réagit en demandant: si on ne peut pas compter sur le droit international, alors il faut trouver d'autres façons d'assurer sa sécurité. Ainsi, un nombre croissant de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. Ce qui est logique: si vous avez la bombe, personne ne va vous toucher. Nous sommes partis de la nécessité de renforcer la non-prolifération, alors qu'en réalité cela s'érode. ». Fin de citation.
 
Vladimir Poutine a appeler les Américains à la raison, et leur a demandé surtout de rappeler à la raison leur dirigeants politiques, puisqu’il est vrai que la majorité de la population américaine est opposée à une intervention en Syrie. Je cite encore : «  Nous devons cesser d'utiliser le langage de la force et reprendre le chemin du règlement diplomatique et politique civilisé ». Et il conclu sa lettre, par un uppercut qui a mis KO le Congrès et la Présidence américaine, je cite : « J'ai étudié attentivement le discours de Bararck Oboma à la nation mardi. Et je serais plutôt en désaccord avec ce qu'il a dit sur l'exceptionnalisme américain, affirmant que la politique des États-Unis est « ce qui rend l'Amérique différente. C'est ce qui nous rend exceptionnels ». Il est extrêmement dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation. Il y a de grands pays et les petits pays, des riches et des pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux qui cherchent encore leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent, aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux ». Fin de citation. La lettre est signée sobrement, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie.
 
Bien sûr, aucun média français n’a publié la traduction de cette lettre. Il fallait sauver la face de M. Bricolage. Mais la seconde initiative russe a définitivement coulé la Hollandie au plan international.
Magistralement épaulé par son Ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov, Vladimir Poutine a proposé la mise sous tutelle internationale des armes chimiques détenues par la Syrie. Idée approuvée par la Syrie elle-même, qui a dans la foulée ratifiée l’accord de l’ OIAC, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Les Etats-Unis accusent le coup et acceptent l’évidence : la diplomatie russe vient de l’emporter sur l’appareil militaro-industriel américain, mis en échec pour la première fois depuis 30 ans.
 
La Hollandie va tenter la surenchère en présentant une motion ridicule au Conseil de Sécurité, mais elle est humiliée par les Etats-Unis… qui la rejette avec la Russie et la Chine…
John Kerry rencontre Sergeï Lavrov à Genève pour discuter des modalités du contrôle des armes syrienne, sans la présence de Laurent Fabius, l’animal de compagnie dont les grognements intempestifs commencent à gêner son maître…
 
Alors que va faire la Hollandie, ridiculisée sur la scène internationale ? Va-t-en-guerre, pousse-au-crime, petite grenouille militaire bombant le torse derrière le taureau américain, elle se retrouve désormais bien seule maintenant que le bœuf américain a été rentré à l’enclos… Du reste, la Hollandie a-t-elle seulement les moyens d’envoyer un navire au large des côtes syriennes ? Après analyse des différents faits d’actualités, que nous avons souvent évoqué sur ce plateau, force est de constater que tout d’abord, il faudrait qu’elle trouve un navire en état de prendre la mer, avec des hélices et un moteur qui fonctionne… problèmes récurrents rencontré par le Charles de Gaulle. Il faudrait également qu’elle trouve un équipage qui soit payé et qui n’est pas été agressé par des jeunes immigrés dans ses propres quartiers comme à Castres, à Tarbes ou à Brives…
Ensuite, il faudrait qu’il n’y ait pas d’émeutes dans ses coursives comme ce fut le cas sur le Foch, au large de la Serbie en 1999…
Il faudrait aussi que l’État-Major cesse, sa chasse aux sorcières des officiers dont les enfants ont participé à la Manif pour tous…
Et enfin, il faudrait que l’armement utilisé soit fiable et que les missiles lancés ne retombent pas sur la frégate, comme lors du dernier test du M51 au large de l’île Longue…
et surtout, si la mission tourne mal, il faudrait que M. Fabius n’abandonne pas ces hommes, comme il l’a fait avec les commandos de la DGSE qui avaient coulé le Raimbow Warrior dans le port d’Auckland.

C’est pas gagné…
 

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